Histoires de taches 4

Histoires de taches 4
Voilà une série de cinq contes sur des « Histoires de taches ». Images : DevianArt, Google.



HISTOIRES DE TACHES



LA PINTADE DE NUMIDIE



La Pintade de Numide est un gallinacé de nos basse-courts, bien connu pour sa froussardise. En effet, essayez d'approcher un groupe de Pintade par derrière, au moindre petit craquement, et vous les voyez s'enfuir en désordre, comme si le diable était à leurs trousses. Il n'en reste pas moins que c'est une très bonne méthode de survie. Car, dans la nature, bruit égale ennemi. Mais, revenons à nos Pintades. Dans leur pays d'origine, aujourd'hui disparu, ces oiseaux étaient entièrement gris. Or, comme tous les éleveurs de Pintades le savent, de par chez nous, elles sont grises tacheté de blanc. D'où proviennent donc ces taches ? Eh bien, un jour lointain, les grands voyageurs de l'époque ramenèrent ces volatiles dans nos contrées hostiles. Ils les parquèrent dans des enclos, très semblables à ceux que l'on connaît actuellement, et les laissèrent à la vue des acquéreurs potentiels. Et c'est là qu'il se mit à neiger. Les petits flocons blancs virent se déposer sur le plumage cendré de la Pintade, laissant cette myriade de taches blanches. Ainsi naquit la Pintade tachetée de nos régions tempérées.



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# Posted on Wednesday, 19 August 2009 at 11:55 PM

Edited on Thursday, 20 August 2009 at 12:09 AM

Histoires de taches 5

Histoires de taches 5

Voilà une série de cinq contes sur des « Histoires de taches ». Images : DevianArt, Google.



HISTOIRES DE TACHES



LE GUÉPARD



Le Guépard, Prince de la savane. Grand, fin, élancé, bâti pour la course. Son pelage fauve ponctué de petites taches sombres contraste avec son ventre blanc : voici le secret d'un camouflage parfait. Ces atouts font de ce félin un redoutable chasseur. Il n'en fut pas toujours ainsi. Comme le raconte une légende africaine, une lionne donna un jour naissance à une portée de quatre lionceaux. D'ordinaire, les petits possèdent quelques taches brunes sur l'arrière-train. Mais cette portée comptait un lionceau femelle entièrement tacheté de noir qui fut bien vite rejeté par ses frères. Quand venait l'heure de la tétée, ceux-ci le pourchassait pour l'éloigner de leur mère. Au début, ils l'attrapaient toujours, le mordaient et le griffaient. Mais, peu à peu, le lionceau gagna en vitesse et ne se laissa plus maltraiter. La jeune femelle devint désormais plus rapide et plus maigre que ses congénères. La légende raconte encore qu'un phénomène identique se produisit pour un petit mâle d'une autre portée. De leur rencontre naquirent les futurs Princes de la savane.



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# Posted on Sunday, 13 September 2009 at 3:03 AM

Edited on Sunday, 13 September 2009 at 11:09 AM

Sad, Sick, Sole - Part 1

Sad, Sick, Sole - Part 1
Voici la « suite » de Deaf, Blind, Dump. Images : DevianArt, Google.



SAD, SICK, SOLE



Prologue

Chapitre 1 : Before Happiness

Chapitre 2 : AID(e)S



Prologue



« Si toi tu restes, alors je continuerai d'exister encore un peu. »



Chapitre 1 : In the dark



Partie 1



« Salut. Je m'appelle Wilhelm Schtrafell, j'ai vingt ans et demi et je vis en RFA. Actuellement, j'habite à Berlin, dans un quartier tout à fait quelconque. Pour mes études. Je suis en troisième baccalauréat en Sciences biologiques, à l'Humboldt-Universität zu Berlin. »

« Pourquoi la Biologie ? Oh... Une idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps. A vrai dire, depuis l'âge cinq ans. A l'époque, mon parrain m'avait offert un bouquin sur les oiseaux. J'étais très intéressé – et je le suis toujours ! Puis, j'ai eu un autre bouquin, sur les dinosaures cette fois. A ce moment-là, j'ai décidé de devenir paléontologue. La paléontologie est l'étude des fossiles. Et comme les dinosaures en sont... Mais pas que pour les dinosaures bien sûr. Pour aussi toutes les autres bestioles aussi bizarres les unes que les autres. Après, je ne sais plus trop. C'est revenu aux animaux. Je voulais être naturaliste, sans trop savoir en quoi ça consistait vraiment. Puis, le temps passant, le naturaliste s'est transformé en zoologue, ou zoologiste – c'était LA grande question. Maintenant, je crois que j'ai enfin réussi à mettre un doigt sur ce que je veux vraiment faire : la biologie, d'abord, l'écologie, ensuite, et quelque chose comme l'éthologie ou l'écologie comportementale, enfin. Bien que je sois intéressé par beaucoup de chose dans la Biologie. »

« Cette année, Joy, ma petite soeur, me rejoint à l'Unif. Mais en Philosophie et Histoire. Autre fac, autre kot. Elle, elle a trouvé beaucoup plus près – cinq minutes à peine. Moi, je dois me taper une demi heure de trajet ! Si on ne kote pas ensemble, c'est pour conserver notre liberté respective – bien que je ne me sente pas ''prisonnier'' de ma soeur. C'est aussi pour avoir un entourage différent, rencontrer d'autres gens. Et puis, sans doute la principale raison : il n'y avait pas de places libres dans mon kot – qui était biiien trop loin de la fac à son goût. Donc voilà. Ce qui ne nous empêche pas...
- Wil ?! A table !
... Ce qui ne nous empêche pas de nous inviter mutuellement. Après deux ans de séparation physique, une compagnie plus que familière de temps en temps ne fait pas de mal. Surtout que nous ne rentrons pas à la maison tous les week-ends. Donc, ce sont de bonnes occasions pour se voir.
- Wil ! Viens manger !!
Aujourd'hui, c'est elle qui invite. Repas de roi. Moi, je me contente de faire des pâtes ou bien de commander une pizza. J'ai horreur de faire à manger. Même pour ma soeur. »

- Ça va ? C'est bon ?
« Je fais la moue avant de répondre. »
- On peut dire ça comme ça. Ça va je plaisante.
- J'espère pour toi. Parce que sinon je ne te fais plus à manger.
- Et donc je meurs de faim, et ça ne te dérangerait pas ?
- Tu pourras toujours survivre en mangeant des pizzas.
- Comme s'il n'y avait que ça dans la vie.
« On aime bien se taquiner. Un peu trop même. Mais bon. On est jeune, il faut en profiter. »
- Sinon, à part ça, comment vont les cours ?
- Ça va. Il y a juste le cours de philo qui est un peu dur à comprendre.
- C'est toujours comme ça.
- En plus, il n'a pas de structure, alors tu t'y retrouves encore moins.
- Pour ça, nous, on avait un syllabus.
- Pourquoi je fais Histoire ?
- Je me pose sans cesse la question. Dans quoi je me suis embarqué ?
- A par que maintenant, il est trop tard pour reculer.
- Après avoir été aussi loin, c'est vrai que ce serait bête. Mais ça le sera encore plus dans un an.
- N'y pense pas.
- Tu as raison. Mieux vaut d'abord penser aux tests de novembre.
- Tu les as encore ?
- Chaque année. Mais seulement en bac. Après le système est légèrement différent.
- C'est dur ?
- Pas spécialement. C'est surtout fait pour t'obliger à lire ton cours au moins une fois avant le blocus. Ça n'engage à rien. Ce n'est pas grave si tu les rates.
- Ça le fait pas quand même.
- Tu sais, j'ai bien raté celui de bio. 7/20. Et en juin, j'ai eu 18/20. Si tu rates, ça veut juste dire que ta méthode de travail n'est pas bonne. Et il est encore temps d'y remédier.
- Bon. De toute façon, on verra bien...



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# Posted on Sunday, 04 October 2009 at 10:43 AM

Edited on Saturday, 28 November 2009 at 9:00 AM

Sad, Sick, Sole - Part 2

Partie 2



- Alors, bonsoir.
- Bonne nuit tu veux dire.
- Bonne nuit, grand frère chéri.
« Grand frère chéri ? On aura décidément tout entendu. »
- Et n'oublie pas : si tu as besoin d'aide, n'hésite pas.
- Je m'en souviendrai.

« Je pars de chez elle qu'il est déjà 22h 00. Il ne fait pas encore noir, mais ce n'est pas une raison. Il me reste une montagne de choses à faire. Comme dirait l'autre, ''la journée ne fait que commencer''. Pour rentrer chez moi, je dois traverser un grand parc. C'est une bonne occasion de changer d'air, même si la qualité de l'air n'est pas franchement meilleure ici qu'ailleurs dans la ville. Ah la la... Que notre monde est pollué. Tiens. Il est tard et il y a encore des gamins qui jouent à la balançoire. En fait, j'exagère. Il n'y en a qu'un. Un petit en plus. Pour une fois que ce n'est pas les racailles du coin que je croise. Enfin bon, qu'est-ce que ça peut me faire, de tout façon ? J'espère seulement que lui ne les rencontrera pas. Ils seraient capables de lui faire passer un sale quart d'heure, juste pour s'amuser. »

« De retour chez moi, je monte les trois volées d'escaliers qui me séparent de ma ''chambre''. Je dépose tout correctement à sa place, avant de m'effondrer dans le lit. Décidément, que c'est épuisant ces matinées de cours suivies d'après-midi interminables de TP. Avec tout ça, je n'ai rien le temps de faire de ma journée. Je peux seulement voir ma petite soeur chérie à peine plus de trois heures. C'est vraiment dur. Du coup, je passe une partie de ma nuit à travailler : mettre mes cours en ordre, faire mes travaux et mes rapports de TP. Et puis basta. Mon GSM vibre. Qui ça peut bien être à cette heure ? ''Tom''. Qu'est-ce qu'il me veut encore ? ''Tu pourai passer y a 1 truc que g pa compri ds ton tp. Zou.'' Thomas J. Waard. C'est avec lui que je fais mes labos. C'est mon ''binôme''. Zou ?
- Bon, ben, pas d'avance. Roh, Tom, t'es chiant quand tu veux.
En plus, il aurait pu faire un effort pour l'orthographe. Donc, je m'arme de courage, prends ma veste et me mets en route. Et c'est qu'il habite de l'autre côté du parc. Tout près de la fac en fait. Il en a de la chance. Un peu plus tôt, et je n'aurais pas eu à me taper tout ce chemin pour rien.

- Ah, c'est toi.
- Evidement que c'est moi, qui veux-tu que ce soit d'autre ? Personne ne se déplacerait pour toi à cette heure-ci.
- Sympa.
- Ne fais pas ta vierge effarouchée, ça ne prend pas avec moi.
- Tu es sûr ?
- Tu sais quoi ?
- Quoi ?
- T'es con quand tu veux.
- Je sais.
- Non, rectification : il n'y a pas que quand tu veux.
- Mais heu !
- Aller je te charrie va. Zou.
- Zou. Il y a un copyright.
- Donc, c'est quoi ton problème ?

« Une demi-heure plus tard, l'affaire est réglée. ''Emballez c'est pesé'' comme dirait l'autre. Du coup, je repasse par le parc, pour la troisième fois au moins. Ou la quatrième peut-être. A force, je ne compte plus. Le parc donc. A peine que j'y entre que les racailles du coin en sortent. Et ils ont l'air de bien s'amuser. Je n'aime pas quand ils rigolent comme ça. Soit ils vont faire un mauvais coup, soit ils l'ont déjà fait. Tiens, le gamin n'est plus là. Il doit certainement être rentré chez lui. Tant mieux. Tiens, il fait plus froid tout d'un coup. Brrrr, pour peu, ça ferait peur – voix ironique. Manquerait plus que la chouette.
- Hou hou hou.
Ouuu, là ça fait vraiment peur – voix toujours ironique. C'est la Hulotte (Strix aluco) qui me dit bonsoir. Ou bonjour, puisqu'elle vient de se réveiller. Donc, pour elle, le jour c'est la nuit et vice-versa. Ça devient compliqué là. Tiens, ça, ça ne ressemble pas à une chouette. On dirait que quelqu'un pleure. »



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# Posted on Sunday, 18 October 2009 at 4:08 AM

Edited on Monday, 23 November 2009 at 2:57 PM

Sad, Sick, Sole - Part 3

Partie 3



« Je m'approche d'une souche dans un endroit sombre du parc. Coïncidence : c'est le gamin de tout à l'heure. Je crois que je commence à comprendre ce qui faisait rire les autres idiots. Je m'approche doucement – les enfants en détresse, c'est comme les animaux sauvages : sauvages et apeurés. Donc, je m'approche, m'abaisse pour me mettre à son niveau. J'attends qu'il se rende compte que je suis là. Il faut qu'il se fasse à ma présence. Soudait, il lève la tête.
- Salut toi.
Il est en pleurs. Précision inutile, je sais.
- Comment tu t'appelle ?
- ...
- Moi, c'est Wil. Wilhelm en fait, mais Wil, c'est plus court.
- Ka... Kazu... Kazuki.
J'oubliais de préciser : c'est un asiatique. Un japonais manifestement.
- Et bien, mon petit Kazu, que fais-tu ici tout seul, à pleurer dans le noir ?
- ...
- Tu veux que je te ramène chez toi ?
Il hoche la tête en signe de dénégation. Avec ça, je suis bien avancé.
- Tu veux que... – que quoi en fait ? Que j'appelle la police ?
La police, mais qu'est-ce que je raconte comme conneries ? Du coup, il se remet à pleurer de plus belle.
- Manifestement, non. Tu veux que je te prenne dans mes bras ?
Là, il fait une tête carrément bizarre.
- Comme ça, tu pourras pleurer tout ton soûl sur mon épaule, comme si j'étais Onii-chan (1).
Il fait une drôle de tête. Oh oh, orage dans l'air. Puis, il se jette dans mes bras.
- D'accord... Allez, vas-y, pleure. Ça t'évitera d'aller pisser.
Tiens, j'ai comme une impression d'éclaircie.
- Bon, et maintenant, on fait quoi ? Tu veux venir chez moi ?
Il hésite.
- Tu sais, je ne suis pas comme ces crétins que tu as certainement croisés. Je ne vais rien te faire, à part te ramener chez toi. Demain, d'accord ?
- D'accord. »

« Une fois arrivé, je refais la même chose que tantôt. Je mets de la musique pour détendre l'atmosphère. Eden, de Hooverphonic. Pourquoi pas ? C'est calme, limite déprimant. Il ne faudrait quand même pas l'effrayer, mais pas non plus lui donner le cafard.
- Tu veux quelque chose à boire ?
Il opine du chef.
- Du jus ?
Nouveau hochement de tête.
- Je vais chercher et je reviens. Tu m'attends ?
Sans attendre la réponse à cette question de principe, je descends faire ma besogne. Quand je remonte, je me fais héler par mon voisin d'étage.
- Wil ? Tu fais quoi à cette heure ?
- Rien, t'occupe, Ed.
Edward Widelitz. J'ai l'impression de l'avoir un peu rabroué. Mais bon, c'est pour la bonne cause. Je lui expliquerais plus tard. Quand je rentre dans la chambre, c'est Everybody's got to learn sometimes de The Korgis. On reste dans le même registre. Kazu est en admiration devant mon ''album photo mural''. On dirait qu'il regarde celle avec moi, Ed et Tom. A la soirée Hawaii, il me semble. Encore une de ces stupides soirées à thème, dont le but est de faire boire les étudiants jusqu'à plus soif. Je crois que cette fois-là se passe de commentaires.
- Tiens. C'est du jus d'orange.
Je n'aime pas le jus de pomme. Maintenant qu'on a le temps, je le détaille d'un peu plus près. Il n'est pas très grand ni très gros. C'est plutôt du genre demi-portion. Comme ça, on est deux – quelle ironie. Il a les yeux vert, d'un beau vert. Exactement comme moi. Ses cheveux sont noirs – et de trois –, mi-longs – mois aussi j'ai été au coiffeur – et lisses – ah, la voilà la différence. Aussi, j'oubliais...
- Tu as quel âge ?
Il pose le verre et montre avec ses doigts. Il a l'air d'hésiter. Huit ans on dirait. Oui, nous n'avons pas le même âge – ça, c'est l'autre différence. Tiens, voilà un truc que je n'avais pas encore remarqué. C'est plutôt gênant, mais je comprends encore mieux pourquoi les autres imbéciles rigolaient comme des baleines – sans insulter les baleines, bien entendu. Il a mouillé son pantalon. Finalement, pleurer ne l'aura pas empêché de pisser. Comme si j'avais en plus besoin de ça.
- Bon, maintenant que tu as bu ton jus, tu voudrais peut-être enlever ton... pantalon.
Nouvelle crise de larmes à l'horizon.
- Je vais t'en chercher un autre.
En fait, c'est plutôt un short à moi. Vu sa taille, je pense que ça ira. Il se déshabille, puis je l'envoie à la douche, histoire de lui rafraîchir les idées. Ensuite, au lit.
- Il est déjà bien tard pour un petit garçon. Aller, au dodo.
Il semble contrarié. Qu'est-ce que ça peut être encore ? Il me montre du doigt.
- Et toi ?
- Ben, moi, je me contenterai du fauteuil.
Ça n'a pas encore l'air de lui convenir. Il me fait signe. Je m'approche. Il chuchote à mon oreille. J'y crois pas. V'là qu'il a peur du noir. Du coup, il veut que je dorme avec lui. Mais qu'est-ce que c'est que ce gosse ? Et qu'est-ce que c'est que cette situation à la mord-moi le n½ud digne d'un manga. Oh, et puis zut, on s'en fout après tout. ''Quand faut y aller, faut y aller'', comme dirait l'autre. Je me déshabille et me mets au lit, lui laissant une petite place contre le mur. A peine couché, qu'il s'endort déjà. Il n'y a pas à dire, ça a dû être une journée éprouvante pour lui. Demain sera assez folklorique, je le sens. »

(1) Grand frère en Japonais, en termes affectueux.




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# Posted on Saturday, 31 October 2009 at 12:51 PM

Edited on Monday, 23 November 2009 at 3:11 PM

Sad, Sick, Sole - Part 4

Partie 4



« Etait-ce une bonne idée ? De le ramener ? Si la police débarque, c'est sûr, je me fais coffrer pour détournement de mineur et atteinte à la pudeur. Quoique... Il est quand même couvert. Et enlèvement aussi. Mais bon, j'aurais dû faire quoi sinon ? Passer mon chemin, faire comme si de rien n'était ? Feindre l'indifférence, comme la plupart des gens sait si bien le faire ? ''Chacun pour soi et Dieu pour tous'' ? Ou plutôt : chacun sa merde, le monde ne s'en portera pas plus mal, c'est ça ? Putain, quelle vie de merde ! Autant en finir si c'est pour avoir de tels principes. Je ne suis pas un chieur d'habitude, mais ''faut pas pousser bobonne dans les orties non plus'', comme dirait l'autre. Moi, je ne suis pas adepte de la politique de l'autruche. Je sens qu'il va falloir aller l'expliquer à ces petits connards. Histoire de voir ce qu'ils ont réellement dans le pantalon. Parce que, c'est pas donné à tout le monde de martyriser un gamin de huit ans quand on en a seize et qu'on est six fois plus nombreux. Il y en a qui vont passer un sale quart d'heure. Je ne sais pas ce qu'ils lui ont fait mais, ce n'est certainement pas anodin. Sinon, il ne se serait pas pissé dessus. Oh, il se rapproche dangereusement. Et oui, ça devait arriver. Voilà qu'il me prend pour son ours en peluche. Ou pour son Onii-chan, c'est selon. Voyons le bon côté des choses : j'ai gagné un petit frère pour une nuit au moins. Un autre petit frère...



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# Posted on Tuesday, 17 November 2009 at 10:46 AM

Edited on Sunday, 13 December 2009 at 1:59 PM

Sad, Sick, Sole - Part 5

Sad, Sick, Sole - Part 5
Chapitre 2 : AID(e)S



Partie 5



Journal intime de Edward Widelitz, né un 17 avril à Berlin.
Lundi 26 octobre ****.

« Salut. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression de m'être fait rabrouer ce soir. Par Wil. Wil... Wilhelm Schtrafell. Ce nabot insignifiant qui me sert de voisin de pallier. A l'étage au-dessus. D'ailleurs, il y avait un gamin avec lui. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il faisait là ? Où a-t-il encore été le ramasser ? C'est toujours la même chose avec lui. On lui fait les yeux mouillés et il craque. Aucune volonté ce type. Il n'y a qu'avec moi que ça ne marche pas. Et le pire, c'est que je ne sais pas pourquoi. Pourtant, je ne suis pas encore si mal que ça. Yeux bruns, longs cheveux noirs, tombant raides dans le dos – normalement ils sont blonds, mais je n'aime pas –, corps d'athlète, ... Bref, le mec parfait. Que demander de plus ? D'accord, mon style peu paraître surprenant : tout est noir chez moi – sauf les yeux bien entendu puisqu'il sont bruns. Même mon eyeliner, mon rouge à lèvres et mon verni à ongle le sont. En général, ça effraie et c'est très marrant à voir – la tête des gens bien sûr. Sauf Wil. A lui, ça ne lui fait rien. Pour peu, j'ai l'impression qu'il trouve ça normal. Alors que, franchement, il n'y a pas de quoi. Bref, je sens qu'on va devoir s'expliquer. J'avais quand même quelque chose à lui demander. Je n'y comprend rien à ce cours de génétique. En fait, c'est surtout que ce putain de cours est super mal fait, les schémas ne ressemblent à rien : au lieu d'être explicatifs, ils sont hyper confus. En plus, le prof, c'est une couille molle. Il n'en touche pas une et fait celui qui sait expliquer. Ça m'énerrrrve. J'espère en tout cas qu'il a une bonne excuse, sinon, ça va barder. »



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# Posted on Saturday, 28 November 2009 at 8:58 AM

Edited on Sunday, 13 December 2009 at 1:59 PM

Sad, Sick, Sole - Part 6

Partie 6



« Dans l'immédiat, je suis un peu embêté. Kazu et Ed sont tombés nez à nez alors qu'on descendait déjeuner. Du coup, ils se regardent en chien de faïence par-dessus la table en bois. Comme s'ils se délectaient d'un succulent morceau de viande qui ne profiterait qu'à l'un d'entre eux. Parfois, ça fait peur. Surtout qu'Ed m'en veux de l'avoir débouté. Il avait un problème en génétique, et moi en gaminerie. Qu'est-ce que j'y peux ? J'espère arriver à dégeler le climat.
- Alors, qu'est-ce que tu ne comprends pas ?
- Tu vas faire quoi de lui ?
- Je vais le ramener chez lui.
- Tu ne sais même pas où il habite.
- Il va me le dire.
- Certainement pas.
- Alors il m'y conduira.
- Tu ne sais même pas comment il s'appelle.
- Ça, c'est faux.
- Ah oui, et il s'appelle comment d'après toi ?
- Kazuki.
- Kazuki comment.
- Euh...
- Sakurakao, souffla le petit.
- Voilà : Kazuki Sakurakao.
- Te voilà bien avancé maintenant.
- Tu devrais savoir ce que tu veux à la fin.
- C'est plutôt toi qui devrais réfléchir avant de faire des choses stupides.
- Et c'est toi qui dit ça. Tu ne manques vraiment pas de culot.
- C'est bon, laisse tomber !
Il se lève et tourne les talons. Bravo. Maintenant je me retrouve avec une dispute de kot sur les bras. Je commence à en avoir marre de ses sautes d'humeur. C'est ses hormones qui le travaillent ou quoi ? Enfin bon.
- On y va ?
Kazu acquiesce. Nous nous mettons donc en route. En fait, il habite vraiment tout près. Il toque à la porte et... il ne se passe rien. Il fait le tour pour aller chercher la porte de derrière. La clé est dans le pot de fleur. Il déverrouille et entre.
- Tu viens ?
Pourquoi pas ? Ses parents voudront certainement savoir pourquoi il n'était pas dans son lit cette nuit. »



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# Posted on Sunday, 13 December 2009 at 1:59 PM