Innocence - Part 3

Partie 3



- C'est le printemps ! s'exclama Jim, qui avait vraiment envie de le crier au monde entier.

- Ah bon ? Le 21 mars ? Première nouvelle, feinta Linda.

- Tu ne savais pas ? fit le principal concerné.

Alexis lui donna une petite tape sur la tête.

- Redescends sur terre, Jim. Nous avons du boulot aujourd'hui : toute une journée entière à remplir !
Le visage toujours souriant, Alexis, les mains dans les poches, suivit le sentier longeant le champ de blé qui s'étendait, encore à cet endroit-là, sur les deux côtés.

« On avait toujours rêvé d'une cabane. Un endroit rien qu'à nous, un lieu secret dans lequel personne ne pourrait jamais nous déranger – enfin, comme dans les films quoi, vous voyez. Une place sûre où se réfugier lorsque la peur triomphe des belles histoires autour du feu. Alors, Alexis a décidé d'en construire une ! Il est vraiment génial, mon frère. Et maintenant, nous mettons tous notre c½ur et nos mains à l'ouvrage afin de la terminer, la cabane. Autant dire que j'ai tout de suite apprécié cette nouvelle activité ! »

« Après avoir fait quelques bricolages matinaux, nous nous allongeons dans l'herbe et regardons le ciel limpide et pur, dans lequel flottent des nuages cotonneux qui ressemblent à de gros moutons. Une carte postale. Ensuite, coupant à travers le petit bois, nous reprenons le sentier – bordé d'une grande prairie cette fois – en direction de notre endroit préféré pour manger : la plaine. Comme d'habitude, je suis empli d'une bouffée de bonheur. C'est ce genre de petites choses qui font que la vie est belle. Comme la balançoire. Alala, combien de fois Alexis ne l'a pas réparée celle-là ! C'est là que nous aimons nous réfugier quand on encaisse des coups durs. »

« Nous mangeons tous à notre faim. Aujourd'hui, sandwiches : jambon-fromage pour moi, salami-mayonnaise pour mon frère, salade-½uf-tomate pour les filles. Toujours aussi bons ! Comme le soleil brille et que nous avons un peu envie de bouger, nous allons chercher les vélos et faisons la course. Wahou ! Cet air si pur est génial ! Si vous vous demandez où nous pouvons aller, la réponse est simple : à la pêche. Rien de tel qu'une après-midi entière assis à attendre que ça morde. Ainsi, nous pouvons profiter de la douce mélodie des oiseaux, de retour avec le soleil et les fleurs. Nous sommes vite arrivés à l'étang. Nous avons installé le matériel de pêche et nous sommes mis au travail ! Ah, j'oublie de préciser que nous ne pêchons pas pour manger les poissons : quand il nous arrive d'en attraper, nous les relâchons ensuite dans l'eau. »

- Alors, Jim va encore nous sortir un poisson-fantôme ? dit Angie.

- Mais euh, la ligne bougeait ! J'en suis sûr de sûr !

- Sûr de sûr ?

- Sûr de sûr !

- Mais non, corrige Alexis, c'est l'esprit saint des eaux, rien à voir avec un vulgaire fantôme. Comme le dragon.

- C'est pas drôle, que je réponds. Moi, d'abord, j'pêche sûrement mieux que toi !

- Là, il n'a pas faux, hein Alex', raille Linda.

- Bah, je suis fairplay : je laisse gagner les plus jeunes.

« Et on éclate tous de rire. »

- Dites, commence Linda. Vous ne pensez jamais à la ville vous ?

- La v-quoi ? feinte Alexis.

- Ça se mange ? que je demande.

- Roh, qu'vous êtes bêtes quand vous voulez, fait-elle avec un petit sourire amusé.

- On n'est pas bêtes, on est juste jeunes et pas futés, répond mon frère avec son grand sourire.

- Non, sérieusement. Qu'est-ce que vous en penser ? Croyez-vous que l'on va toujours rester ensemble, à Dasverloreneloch ?

- Moi, la ville, jamais ! décrète Angie. Avec toutes ces voitures, ces gens qui courent dans tous les sens... C'est triste à voir, c'est moi qui le dis. Les seules fois où j'y suis allée, j'en suis revenue malade...

- Rien de tel que la campagne belle et pure ! crie mon frère.

« Je les regarde tous un par un et on rigole. Ils s'en posent parfois des questions bizarres ! La ville... Mais au fait, c'est quoi exactement ? »



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# Posté le mardi 03 février 2009 08:30

Modifié le mardi 03 février 2009 11:10

Innocence - Part 4

Partie 4



- Aïe !

« Là, je viens de me faire piquer par un moustique. Arr... Un gros moustique... Je crois qu'on appelle ça un toan. Ou tan. Ou taon. Je sais plus. N'empêche que ça me fait une de ces brûlures...

- Woaw, dit mon frère en sifflant. Elle ne t'a pas raté, la bête.

Je m'accroupis et regarde mon genou tout enflé. Je souffle dessus. Mauvaise idée !

- Oh, pauvre chou. Il veut un bisou ?

- Eh, ne vous battez pas les filles, une joue chacune, précise Alexis.

Et là moi, sans rien demander, je reçois deux gentils baisés sur mes petites joues roses. N'empêche que ça marche. Ça me fait oublier la blessure. Bisous magiques. Bientôt, le ciel s'assombrit et le soir tombe.

- Alors, quelle est la suite du programme ? demande Angie.

- Aha, fait Alexis, tout mystérieux. Surprise. »

- Des marshmallows !

« J'arrive pas à en croire mes yeux... Des marshmallows ! Des vrais ! Comme dans les films ! La soirée a un goût de fête ! Cette nuit, c'est au tour de mon frère à raconter une histoire, face aux étoiles. »

« Tout commence dans un coin perdu, le nôtre peut-être. C'était un gamin, tout comme nous, qui vivait raisonnablement. Mais il y avait toujours un manque dans sa vie, jamais comblé. Son envie restait insatiable. Il voyagea pour la combler, et s'éloigna très loin de chez lui. Un soir qu'il versait ses larmes devant la Lune reine, les étoiles eurent pitié de lui. Il ne pouvait que crier : ''J'ai atterri quelque part, je ne peux plus dire qui je suis ! J'ai perdu les souvenirs, les images n'ont aucun sens. Ramenez-moi en arrière, ramenez-moi à la Maison ! Je ne réussis pas à m'en sortir seul...'' Puis ce fut le tour de la pluie, qui pleura pour lui. Il ne pouvait que supplier : ''Venez et aidez-moi à voler ! Prêtez-moi vos ailes. Je les échangerai contre le monde, contre tout ce qui me tient. Je les échange cette nuit, contre tout ce que j'ai !'' Devant toute cette agitation, la Lune reine ne pouvait rester indifférente. Elle éclaira donc le garçon et lui dit : ''Je ne connais ni le monde, ni la lumière. Et ce silence éternel me rend sourde. Seulement des murs noirs et aucune lumière... Tout ici est sans moi. Révèle-moi tous les mensonges, je ferai comme si je les croyais. Tu veux retrouver la joie que tu as perdue à cause d'un désir insensé, insatiable, que ni moi, ni même les étoiles ou les nuages ne posséderont jamais.'' ''Mais Votre Grandeur la Lune, je ne me reconnais plus moi-même ! Venez et tirez-moi hors d'ici, hors de votre royaume de la nuit. Je donnerais tout pour ça... J'ai le mal du pays, je veux revenir.'' Mais tandis qu'il prononçait ces dernières paroles, sa voix faiblissait, ses yeux s'éteignaient. La terre s'assombrit, le soleil encore très loin, disparut complètement et laissa place aux ténèbres. Le garçon s'éloignait loin, toujours plus loin, avec chaque instant... »



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# Posté le dimanche 08 février 2009 05:59

Modifié le mercredi 11 février 2009 01:37

Innocence - Part 5

Innocence - Part 5

Chapitre 2 : Summer



Partie 5



« Enfin l'été. Dès le matin l'air est empli du chant des cigales et le soleil brille déjà haut dans le ciel. »

« Alexis aime beaucoup discuter, comme lors de nos débats philosophiques. Je sais. C'est trèèès spirituel. Il y a également quelque chose qui le fait sortir du lot de notre petit groupe : c'est le seul à posséder un GSM. Tout les soirs, il ne peut s'empêcher de regarder/envoyer son message quotidien, et une fois par semaine, il s'arrange pour téléphoner et peut rester maximum cinq minutes – et oui, nous ne roulons pas sur de l'or ! A chaque fois qu'on lui demande le nom de son mystérieux correspondant, il sourit en détournant la tête et répond : ''C'est une personne à laquelle je tiens beaucoup''. Alors on n'insiste pas et on parle d'autre chose. Il faut dire que les gens ne courent pas les chemins chez nous, à part au village, un peu plus loin, où nous connaissons tout le monde, ou encore dans les petites fermes alentours. Bref, encore un grand mystère. »

« Il fait chaud aujourd'hui... Alexis, son éternelle casquette vissée sur la tête, porte un T-shirt sans manches orange et un pantalon court très large beige, des bracelets à chaque poignet, une veste légère par-dessus le tout et semble très fatigué.

- Salut, je fais. Ça va ? T'es tout pâle.

Ses bras sont pendants, le GSM dans une main.

- Ouais... C'est rien.

Son grand sourire s'est effacé de son visage d'habitude malicieux.

- T'es sûr ? Avec la tête de déterré que tu me fais là... T'es pas triste parce que t'as cassé le téléphone quand même ?

- Ça n'a rien à voir avec ça, et je te dis que je vais très bien !

Il hausse le ton. Je n'aime pas ça.

- Excuse-moi de m'inquiéter ! Tu comptes rester là toute la journée ?

- ... Tu poses toujours des questions aussi débiles ?

Il dit des choses méchantes. Ça me fait mal.

- Nan. Nan, et si j'avais envie de rester, ça te ferait quoi ?

Méchant. Je n'arrive pas à retenir mes larmes. Il tourne le dos, et sors. Il n'avait encore jamais dit de choses aussi blessantes. Je suis mal à l'aise. Je le suis discrètement car je veux savoir ce qu'il a. Près de l'étang, il sort un papier de sa poche. Une lettre. Une goutte unique vint tâcher le blanc du papier. Je ne sais pourquoi, mais je le sens, quelque chose me dit que c'est tout. C'est fini. Il n'y aura plus d'appels, plus de messages le soir. C'est la première fois depuis longtemps que la bande encaisse un coup dur. C'est juste triste. »



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# Posté le samedi 14 février 2009 16:22

Modifié le dimanche 15 février 2009 07:56

Innocence - Part 6

Partie 6



« BBQ. Bar-bec-ue. Aujourd'hui, Linda, Angie et moi avons décidé d'organiser un barbecue pour remonter le moral descendant de notre cher grand carnivore. Nous nous sommes donc retrouvés tous les quatre chez notre cordon bleu préféré, alias Angie. Tout d'abord, il faut apprêter ledit barbecue. Ça, c'est la partie la plus facile. Ensuite, reste à y faire griller la viande. Ici, le combustible utilisé correspondait à la formule CH3OH : le méthanol. Angie se charge donc de disposer les beaux quartiers de viande sur les grilles du BBQ, qui perdent rapidement leur rose tendre.

- Attention à ce que ça ne soit pas trop cuit ! prévient-elle.

Comme d'habitude, Alexis fait la sourde oreille et laisse noircir son morceau de viande – comme pour la fois de la viande pannée.

- Mmm... C'est... fort cuit ! fait-il avec une grimace souriante.

- Alors, vous voulez saignant, cuit, à point, bien cuit ou alors la spécialité du jour : carbonisé ? commente Angie tout en mâchant son morceau sublimement cuit à point.

- Aaah, Angie, la prochaine fois, prévient quand on peut choisir à la carte !

N'empêche qu'en matière de cuisine, même viandaire, Angie nous bouffe tous – c'est le cas de le dire. Et oui, même notre ultime carnassier, alias mon frère, se fait démonter en matière de cuisson de charcuterie ! »

« Je crois que je vais exploser. J'en peux plus. Alexis, lui, se fourre cinq fois l'équivalent de ma part de steak, qui n'est pas spécialement petite – c'est vous dire. Finalement, je déclare forfait, ce qui n'est pas pour déplaire à mon frère qui profite d'un nouvel arrivage de nourriture tout droit issu de ma défaite. « Struggle for life » comme il dirait. Je me détourne donc du carnage et essaye de trouver un moyen pour combler la sécheresse de ma langue. De nouveau, Angie a pensé à tout. Elle a préparé des petits cocktails, qui nous changent des jus traditionnels, et qui mélangent des tas de saveurs : cerise, pomme, orange, fruit de la passion, et même cactus, ainsi que bien d'autres encore. Je m'approche de l'un d'eux qui arbore une couleur orange nuancée.

- Orange, violette et cerise, précise la cuisinière en chef.

- C'est bon, je fais. T'es la meilleure.

Que dire d'autre quand ça plaît ?

- Merci, ça me fait plaisir.

- Oh, tout le plaisir est pour nous aussi tu sais ! je réponds. Quoi de mieux que de savourer de bons petits plats, préparées par une jolie fille en plus !

Ses lèvres dessinent un sourire et forment deux petites parenthèses au coin de sa bouche, près de ses joues qui rosissent sous le compliment.

- T'es mignon.

- Je sais.

- Prétentieux ! Enlève ta chaine !

- Merci, mais mon cou va très bien.

- Tu déclares forfait à ce que je vois, qu'elle dit en désignant mon steak en train de se faire happer par le gouffre sans fond de mon frère.

- Pas du tout ! J'ai encore trèèès faim, d'abord ! Et mon frère, y m'l'a pris sans me le demander, d'abord !

- T'es chou quand tu fais le gamin.

- Haha !

Vu que le repas a commencé depuis perpète, je me suis alors dit que le barbecue doit refroidir à un moment, et donc je rajoute une bonne dose de méthanol, et là... Baoum ! Une grosse déflagration. Et puis, le blanc... »



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# Posté le dimanche 22 février 2009 02:35

Modifié le dimanche 22 février 2009 05:28

Innocence - Part 7

Partie 7



« Le barbecue m'a explosé à la gueule. Wah... Tout est flou, je ne distingue plus que quelques formes vagues autour de moi... Je finis je ne sais où, sur un brancard peut-être. Et j'ai mal, horriblement mal... Une fois de plus, je retombe aux pays des songes... »

«  Quand je reviens à moi pour de bon, je suis allongé sur le lit de Linda, un bandage autour de la tête, une écharpe pour mon bras, des bandelettes-momie sur mon torse. Tout autour de moi, des mines inquiètes mais soulagées.

- Il se réveille enfin.

- ... Qu'est-ce...

- Tu as mis trop de combustible, et le barbec' a explosé d'un coup ! explique Angie. C'était vraiment impressionnant.

- On a cru que... Ça va pas de nous faire des coups pareil ? dit Linda.

- Mais, mais je sais pas... je fais en bredouillant. J'sais plus...

- Tu as eu une commotion cérébrale. Un peu normal que tu sois chamboulé, ajoute Alexis. Tu arrives vraiment à tout nous choper, toi : les pneumonies, les piqûres de taons, le BBQ, et j'en passe. C'est dingue.

- Mais, mais je le fais pas exprès moi !

L'atmosphère se détend. Le danger est passé. Maintenant, je dois me remettre de toutes ces émotions.

- Je m'occuperai de toi, décida Linda.

Chez elle, il y a la mini-pharmacie comme on dit, c'est sûrement comme ça qu'ils ont pu recoller mes morceaux. Et ce qui est le plus surprenant, c'est que je n'aie que quelques brûlures. »

« Ça sent bon chez Linda. Autour de sa maison se dressent toute une série de cerisiers, et le parfum de leurs fleurs envahit la maison.

- A cinq centimètres par seconde, il paraît.

- Quoi ?

- La vitesse à laquelle tombe une fleur de cerisier. Cinq centimètres par seconde.

- Tu sais beaucoup de choses, Linda.

- Dis, tu ne trouves pas que ça ressemble à de la neige ?

- Tu trouves ?

- Oui. Comme en hiver.

Même en été, la nature réussit toujours à vous surprendre, au moment où vous vous y attendez le moins. Sans le savoir, j'assiste à la dernière chute de fleurs de cerisier de l'année – c'est au printemps que cela se déroule en général. C'est magnifique. Sans compter les cerises ! Comme quoi, les accidents ont du bon ! En plus, Linda est aux petits soins avec moi. »

- Ben quoi ? Tu attends que je te donne la bouchée ?

- Aaaah...

« Et là, elle fourre la cuiller dans sa bouche et se mange mon dessert. »

- Eh !

- Hihi, voilà ce qui arrive quand on fait le pas-capable-de-manger-comme-un-grand.

- Mais, mais c'était ma part d'abord !

- T'es craquant quand tu fais le gamin.

- Mais j'ai faim ! Et d'abord, j'suis pas un gamin, d'abord !

- Attention, si tu n'es pas sage, je ne te raconterai pas d'histoire.

Comme on est que tous les deux, c'est chacun notre tour tous les soirs. Etre privé d'une histoire avant de dormir est... cruel. Criminel. Inimaginable. Impensable. Impossible.

- Oh nan, j'ferai ce que tu diras, promis !

- Promis ?

- Promis !

- Juré ?

- Craché ! Enfin... Mangé ! »

« C'est l'histoire de deux amis très proches, qui vivaient depuis toujours ensemble. L'un avait une vision très positive des choses. ''Le bonheur a une raison d'être. Je ne sais pas trop laquelle, mais je sais qu'il est sensé arriver, et que c'est sensé arriver.'' L'autre restait dubitatif. ''Tu m'a contaminé, avec ton bonheur. Le plus près de toi possible, que suis-je supposé faire ? Pour moi, tu vois, c'est juste une chose sans importance. Toute cette histoire n'est qu'une chose sans importance.'' Tandis que les années passaient, ils faisaient la course contre la montre entre eux, et leur amitié sans borne s'en fut presque. ''Tu es ce que je ne veux pas être. Pour toi, mieux vaut mourir que d'être moi. Va te faire foutre.'' ''Merci, sans façon. Je ne sais pourquoi je ne te supporte pas. Pauvre con.'' ''Je ne raconte pas de conneries comme toi.'' ''Moi, de toute manière, ça me va, peu importe, mais fais-moi ce plaisir : par pitié, ne restons pas ami. Ça m'arrangerait, on ne peut pas s'encadrer. Ne jamais être du même avis vaut mieux que de faire l'hypocrite. Mieux vaut ne pas rester amis. C'est d'accord pour toi, ou pas ?'' ''Sans des mecs comme toi et moi, ce serait l'ennui total.'' ''Mais ça t'arrange bien aussi, pas vrai ?'' ''Arrête d'en faire des tonnes ou je t'en colle une... Ton bonheur, j'en ai rien à foutre ! Emporte-le, je ne l'ai jamais eu de toute façon. Emporte aussi ton amitié et tout sera OK. Mais si tu meurs tout de suite, je sais que j'en mourrais.'' ''Je mourrais aussi.'' ''Tu sais quoi ? Tu me rappelles les moments, quand je savais qui j'étais vraiment.'' Tout se passait vite. Années après années, leurs divergences d'opinions créèrent un univers, un gouffre sans fond entre eux deux. Ils en vinrent même plusieurs fois aux mains. Mais à travers toutes leurs différences, leurs souvenirs restaient les mêmes et attendrissaient les c½urs. Mais... Comme elle l'a toujours fait, la seconde main rattrape la première, comme elle l'a toujours fait. ''Nous ferons les mêmes erreurs.'' ''Non, nous ne sombrerons jamais.'' ''Dis-moi pourquoi ça fait si mal. Mes mains sont autour de ta gorge, et je crois que je te hais. Nous avons fait les mêmes erreurs. Des erreurs comme les amis font. Mes mains sont autour de ta gorge, et je crois que je te hais. Tout ce que j'ai toujours voulu était ta vie. Plongé dans l'obscurité, je ne peux me cacher. Tout ce que j'ai toujours voulu c'était ta vie. Montrer l'amour sans remord. Nous avons fait les mêmes erreurs.'' »



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# Posté le dimanche 01 mars 2009 04:25

Modifié le dimanche 01 mars 2009 06:08

Innocence - Part 8

Innocence - Part 8

Chapitre 3 : Autumn



Partie 8



Les paupières encore lourdes, elle finit par ouvrir doucement ses yeux vairons et à se lever, non sans difficultés : la rude épreuve du levé de lit était une fois de plus réussie. Se ruant pour ouvrir la fenêtre, elle pouvait maintenant sentir le vieux vent lui caresser délicatement le visage et soulever ses mèches de cheveux bruns tombants devant son ½il gauche.

- C'est l'automne ! s'écria-t-elle toute joyeuse.

« Salut ! Mon nom, c'est Linda Regenboden - un truc imprononçable, je sais. Et ca y'est, c'est l'automne. Les feuilles tombent. Le temps ralentit. Notre histoire, à nous quatre, vous la connaissez déjà. Nous vivons ensemble nos rêves, nos souhaits, nos fantasmes, nos espoirs, nos amours : tout ce dont nous avons besoin. Alexis, Jim, Angie... Je les aime un peu plus à chaque respiration. Vraiment, follement, profondément. Ensemble, nous sommes forts. Fidèles. Car on compte sur une raison de vivre. Un sens profond, ouais. Personne ne pourra jamais nous séparer. Sur une montagne, dans la mer... Je veux que nous restions ainsi à jamais. Jusqu'à ce que le ciel me tombe sur la tête. Hihi... Quand nous sommes face aux étoiles, je fais toujours ce souhait, et cela nous donne parfois envie de pleurer. Des larmes de joie pour tout le plaisir dans la certitude que nous sommes entourés du confort et de la protection de ceux qu'on aime. Dans mes moments solitaires, mes larmes me dévorent... Je ne dois pas fermer les yeux. Car tout se passe ici même devant moi. Tout ce dont j'ai besoin se trouve là. »

« Oui, j'aime bien faire de la philosophie, même si ça rend parfois un peu triste... Un peu comme Alexis. Derrière son immense sourire, il semble cacher un lourd passé. Ni Angie, ni même Jim n'ont jamais su ce qu'il lui était arrivé, la fois du GSM. Mais j'ai ma petite idée... »

« Je connais son genre de fille. Alexis ne s'inquiète que d'une chose : qui il a vu, où il a été. Je vois toujours ce regard dans ses yeux. Il indique un million de choses incompréhensibles. Mais à l'intérieur, profondément enfoui... J'espère qu'il va s'en rendre compte. C'est une de ces filles qui n'a rien que des ennuis. Juste un regard, et il a vu double. Avant qu'il ne le sache, elle est déjà partie. Elle est si sage qu'il ne la voit pas venir. Elle le prend pour un tour et il repart avec rien. Il est brisé et elle est partie. C'est sa fin. Au moins, c'est ce que j'en pense. Ça fait un moment qu'il le nie. Et maintenant c'est trop tard. Parce que ses cheveux blonds, ses yeux bleus lui donnent envie de mourir. J'espère vraiment qu'il s'en est rendu compte. Le genre de fille qu'aimait Alexis, c'est une de ces filles qui n'a rien que des ennuis. Avant qu'il le sache, elle est déjà partie. »

« Je ne veux plus qu'Alexis se mente à lui-même. Il faut que l'un d'entre nous trois lui ouvre les yeux. C'est un coup dur pour la bande. Mais il faut le faire. Angie s'est désignée pour lui parler. Je prie pour que tout aille bien... »



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# Posté le samedi 07 mars 2009 12:18

Modifié le dimanche 08 mars 2009 06:39

Innocence - Part 9

Partie 9



« Je m'appelle Angie Morgenröte. Les autres adorent ma cuisine ! Je suis super-contente. J'adore aussi chanter et jouer du piano. Des mélodies mi-tristes mi-heureuses, les « Joyful Sadness » comme dirait Alexis. Alexis... Je me sens mal à l'aise... Mais il faut le faire. C'est pour son bien. »

« Mon nom est Alexis ***. J'ai seize ans et de vis dans la région du Dasverloreneloch. Et j'ai un petit « frère ». Petit parce qu'il est plus jeune. « Frère » car c'est plus un frère d'adoption qu'autre chose. Ce qui ne nous empêche pas de nous considérer comme tels. Mes hobbies ? La lecture et l'écriture. J'aime bien aussi philosopher avec Jim, mon petit frère. C'est marrant de voir à quel point il peut être naïf parfois ! Je me souviens d'une dispute... C'était à cause de quoi déjà... Ah, oui, de ça. Je lui ai crié dessus. J'ai été odieux. Je ne m'en suis jamais excusé. Je devrais y penser la prochaine fois que je le verrai. Ici, je suis dans la plaine. Seul. Enfin, Angie vient rapidement à ma rencontre. C'est une jolie fille, Angie. Elle a des cheveux mi-courts d'un noir éblouissant et des yeux de la couleur d'un océan dans lequel on voudrait se noyer. Elle me rappelle vraiment ***. C'est son portrait craché. Et depuis ça, à chaque fois que je la vois, un étau se ressert sur mon c½ur et je ne peux m'empêcher de penser à elle. A avant. La rencontre, la campagne, les messages le soir,...

- Salut, fait Angie.

- ... Salut.

- Je voudrais te parler... de ça.

Mon c½ur loupe un battement. C'est pas vrai...

- Tu sais... Oublie-la un peu... Elle a été cruelle avec toi. Une menteuse, une traîtresse... Elle t'a laissé tout seul. C'est normal que tu sois en colère et que tu veuilles lui faire des reproches... Mais tu ne peux pas. Elle est partie maintenant !

Pourquoi elle ressasse ça ? Pourquoi me parle-t-elle de ça ?!

- Dis-lui maintenant, Alexis.

- Fu... Quoi ?

- Ce que tu veux. Les ranc½urs et le reste...

- Je... ne pense plus rien !

- Arrête ! Je sais bien que si !

- Tu me saoules ! Rien je te dis !

- « Je suis en colère » « Idiote » « Meurs ! » Je suis prête à t'écouter... Si elle était là... qu'est-ce que tu lui dirais ?

Si elle... était là...

- Si tu pouvais la voir, qu'est-ce que tu lui dirais ? Dis-lui ce que tu penses !

« Tu n'es... qu'une menteuse. Tout ce que tu dis... est contradictoire. »

- Alexis !

- « Promets-moi de toujours m'aimer. Promets-moi de ne jamais aimer un autre garçon que moi. »

- « Je te le promets ! »

- Tiens, voilà ***. La fille qui sort avec Alexis.

- Quoi ? Il mérite mieux que ça !

- C'est vrai. Je vois vraiment pas ce qu'il lui trouve, à cette fille.


- Cadeau !

- ...

- Tu n'aimes pas ?

- Alexis... je suis... heureuse ! Mon cadeau... il est pas si... comparé à...

« Je lui prends délicatement le paquet des mains avant qu'elle finisse sa phrase et essaye mon cadeau. »

- Merci. Je suis comblé, avec toi à mes côtés !

« Et elle sourit. Le plus beau des sourires que j'aie jamais vu. »



« Là, une larme monte à l'½il d'Alexis.

- C'est impossible de haïr... une fille tellement aimée !

- Al..., je commence.

- « Tout ! Je te pardonne tout... »

Voilà sa réponse. C'est terminé. Tout est fini. »



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# Posté le samedi 14 mars 2009 12:22

Modifié le samedi 14 mars 2009 16:09

Innocence - Part 10

Partie 10



« Je ne sais pas ce qui s'est passé avec mon frère. Une histoire de fille, qu'il a rencontrée ici, puis qui est partie, et il a gardé contact avec, .... Je n'ai pas tout compris. Juste qu'elle l'a rendu très triste, donc moi aussi j'ai été un peu triste. Mais maintenant, ça à l'air de s'arranger. Alex et Angie sont de plus en plus proches. Et moi, j'adore toujours aussi fort Linda ! Ce soir, c'est au tour de notre cuisinière fétiche à raconter une histoire.

« C'est l'histoire de deux garçons. On leur répétait sans cesse qu'ils n'étaient que des bons à rien, de vrais loosers. Pour eux, ces mots équivalaient à une flèche au c½ur qui blessait leur amour-propre. Que pouvaient-ils bien faire coincés sur leur chaise ? ''Déchainez-nous !'' C'étaient des renégats, des anges déchus. Encore un de ces jours sans lumière équivalait pour eux à un enfer. Mais ils existaient presque. Hélas, la dernière porte ne s'ouvrirait jamais pour eux. Celle du Paradis. Ils avaient beau ramper sur leurs mains et leurs genoux, c'était peine perdue. Les Enfers les rattrapaient sans cesse. Et ils les séparèrent. L'un fut happé, l'autre trouva la Porte du Paradis. ''Je tombe précipitamment. Je suis le seul à rester. Apprends-moi le bien et le mal, et je te montrerai ce que je peux faire. Dis ça pour moi. Dis-le à moi, et je pourrais laisser cette vie derrière moi. Dis-le si ça vaut la peine de me sauver ! Les Portes du Paradis ne s'ouvriront pas pour nous. Avec ces ailes brisées, nous tomberons. Et tout ce que je vois, c'est toi.'' Et l'autre resta coincé entre Paradis et Enfers. ''La porte ne s'ouvre plus. Ici, l'espace est rempli de toi et vide à la fois. De gros nuages noirs grondent... Et quand je n'en peux plus je pense qu'un jour nous traverserons ensemble la Porte. Et tout ira bien. Un croissant de lune se couche devant moi. Peut-être était-il également avec toi il y a quelques instants ? Je sais que je finirai par te retrouver. Même s'il faut traverser encore mille mers. A travers milles années sombres démunies de temps, milles étoiles défilent. Nous devons traverser encore mille mers, encore milles fois à travers l'infini. Ensuite, nous serons enfin libres.'' ''Et oh, je crie pour toi. Viens s'il te plaît, je t'appelle. Et tout ce dont j'ai besoin, c'est de toi. Je n'arrête pas de tomber...'' Quelque part entre le Paradis et les Enfers se trouvaient un lieu, un lieu connu d'eux seul. Mais leurs retrouvailles... Tout s'est passé autrement. Le pouls dans leurs veines était bien trop faible, mais d'une certaine manière, leurs c½urs battaient à l'unisson. Ils n'avaient rien pris à personne. Mais tôt au tard, ils durent regarder en arrière... »



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# Posté le samedi 21 mars 2009 16:43

Modifié le samedi 21 mars 2009 17:09