- Ah bon ? Le 21 mars ? Première nouvelle, feinta Linda.
- Tu ne savais pas ? fit le principal concerné.
Alexis lui donna une petite tape sur la tête.
- Redescends sur terre, Jim. Nous avons du boulot aujourd'hui : toute une journée entière à remplir !
Le visage toujours souriant, Alexis, les mains dans les poches, suivit le sentier longeant le champ de blé qui s'étendait, encore à cet endroit-là, sur les deux côtés.
« On avait toujours rêvé d'une cabane. Un endroit rien qu'à nous, un lieu secret dans lequel personne ne pourrait jamais nous déranger – enfin, comme dans les films quoi, vous voyez. Une place sûre où se réfugier lorsque la peur triomphe des belles histoires autour du feu. Alors, Alexis a décidé d'en construire une ! Il est vraiment génial, mon frère. Et maintenant, nous mettons tous notre c½ur et nos mains à l'ouvrage afin de la terminer, la cabane. Autant dire que j'ai tout de suite apprécié cette nouvelle activité ! »
« Après avoir fait quelques bricolages matinaux, nous nous allongeons dans l'herbe et regardons le ciel limpide et pur, dans lequel flottent des nuages cotonneux qui ressemblent à de gros moutons. Une carte postale. Ensuite, coupant à travers le petit bois, nous reprenons le sentier – bordé d'une grande prairie cette fois – en direction de notre endroit préféré pour manger : la plaine. Comme d'habitude, je suis empli d'une bouffée de bonheur. C'est ce genre de petites choses qui font que la vie est belle. Comme la balançoire. Alala, combien de fois Alexis ne l'a pas réparée celle-là ! C'est là que nous aimons nous réfugier quand on encaisse des coups durs. »
« Nous mangeons tous à notre faim. Aujourd'hui, sandwiches : jambon-fromage pour moi, salami-mayonnaise pour mon frère, salade-½uf-tomate pour les filles. Toujours aussi bons ! Comme le soleil brille et que nous avons un peu envie de bouger, nous allons chercher les vélos et faisons la course. Wahou ! Cet air si pur est génial ! Si vous vous demandez où nous pouvons aller, la réponse est simple : à la pêche. Rien de tel qu'une après-midi entière assis à attendre que ça morde. Ainsi, nous pouvons profiter de la douce mélodie des oiseaux, de retour avec le soleil et les fleurs. Nous sommes vite arrivés à l'étang. Nous avons installé le matériel de pêche et nous sommes mis au travail ! Ah, j'oublie de préciser que nous ne pêchons pas pour manger les poissons : quand il nous arrive d'en attraper, nous les relâchons ensuite dans l'eau. »
- Alors, Jim va encore nous sortir un poisson-fantôme ? dit Angie.
- Mais euh, la ligne bougeait ! J'en suis sûr de sûr !
- Sûr de sûr ?
- Sûr de sûr !
- Mais non, corrige Alexis, c'est l'esprit saint des eaux, rien à voir avec un vulgaire fantôme. Comme le dragon.
- C'est pas drôle, que je réponds. Moi, d'abord, j'pêche sûrement mieux que toi !
- Là, il n'a pas faux, hein Alex', raille Linda.
- Bah, je suis fairplay : je laisse gagner les plus jeunes.
« Et on éclate tous de rire. »
- Dites, commence Linda. Vous ne pensez jamais à la ville vous ?
- La v-quoi ? feinte Alexis.
- Ça se mange ? que je demande.
- Roh, qu'vous êtes bêtes quand vous voulez, fait-elle avec un petit sourire amusé.
- On n'est pas bêtes, on est juste jeunes et pas futés, répond mon frère avec son grand sourire.
- Non, sérieusement. Qu'est-ce que vous en penser ? Croyez-vous que l'on va toujours rester ensemble, à Dasverloreneloch ?
- Moi, la ville, jamais ! décrète Angie. Avec toutes ces voitures, ces gens qui courent dans tous les sens... C'est triste à voir, c'est moi qui le dis. Les seules fois où j'y suis allée, j'en suis revenue malade...
- Rien de tel que la campagne belle et pure ! crie mon frère.
« Je les regarde tous un par un et on rigole. Ils s'en posent parfois des questions bizarres ! La ville... Mais au fait, c'est quoi exactement ? »

